Election présidentielle du 29 juillet : Les risques de déflagrations sont réels

Election présidentielle du 29 juillet

« Scrutin de tous les dangers ! ». Cela ressemble à la manchette de journaux alarmistes, mais c’est le sentiment qui domine aujourd’hui au sein de l’opinion publique concernant la prochaine élection présidentielle.

 – Pour certaines chancelleries occidentales bien futées en matière de renseignements, le scrutin présidentiel du 29 juillet, qu’à Dieu ne plaise, pourrait ouvrir une boîte de pandore à Bamako et dans divers endroits du territoire. Le contexte sécuritaire explosif et l’enjeu du scrutin, l’alternance ou la réélection du président sortant, attise les convoitises…

Selon des confidences provenant de diplomates établis à Bamako, les risques d’une crise post-électorale ne sont pas à négliger. Ceci, dans la mesure où les acteurs en présence sont très engagés et passionnément mobilisés pour atteindre leurs objectifs électoraux.

En effet, les deux grands camps en présence croient dur comme fer qu’ils vont gagner le scrutin. Si la mouvance présidentielle parie qu’il n’y a aucun doute qu’elle va l’emporter dès le premier tour, l’opposition élargie estime que le président sortant ne peut plus gagner. Certains caciques de ce camp estiment même que s’il doit y avoir un second tour, ce ne peut qu’après l’élimination du président sortant qui, à leurs yeux, a tellement déçu les Maliens pour espérer faire un bon score.

C’est à se demander sur quelles bases fiables de calculs ou d’estimations, ces espoirs sont entretenus et disséminés parmi les partisans endoctrinés à souhait. Au « tako kelen » (victoire dès le 1er tour) des partisans du pouvoir, les opposants brandissent le « takaprin » (victoire sans appel dès le 1er tour). Et des jeunes sont galvanisés et instrumentalisés sur ces « assurances » de lavage de cerveau. Et, lorsque ces jeunes militants surexcités découvriront que ces résultats brandis ne sont pas atteints, comment se comporteront-ils ? Ne seront-ils pas endoctrinés au point de verser rapidement dans la violence ?

Par ailleurs, le contexte sécuritaire au centre du pays et dans d’autres zones avec une circulation des armes appelle à prendre des mesures anticipatives pour décrisper l’atmosphère électorale. N’y aura-t-il pas des entraves à la campagne électorale en défaveur ou en faveur de tel ou tel bord politique dans certaines zones ? Quel sera le comportement des représentants de l’Etat ou des forces de défense et de sécurité avant ou pendant le scrutin ? Ces éléments ne constitueront-ils pas de véritables casus belli pour des velléités de contestations de la sincérité des résultats électoraux ? Ce sont des questions qui brûlent les lèvres de certains observateurs avertis de la scène politique nationale.

En outre, les récentes échauffourées au meeting du Collectif pour la défense de la République (CDR) de Ras Bath à Ségou avec des blessés et des motos brûlées interpellent sur la tension d’avant le scrutin du dimanche 29 juillet. Quand on entend le discours qui se muscle sur les réseaux sociaux, marqué par des menaces d’agressions, d’invectives, il y a lieu de calmer le jeu. Car, à ce rythme, avec la montée d’adrénaline lors de la campagne, les acteurs politiques pourraient créer, sans se rendre compte, les conditions de conflagrations sociales regrettables. Le Mali, en laborieux processus de sortie de crise n’a pas besoin de ce climat de tension plutôt explosive !

Boubou SIDIBE

La rédaction

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