Edito : Modibo Keïta avait parlé aux magistrats

Le Président Modibo Keïta avait fait savoir aux magistrats maliens que : « L’indépendance du juge n’était pas dans les textes. Mais dans la valeur morale du magistrat lui-même, dans sa probité, dans sa compétence, dans sa conscience professionnelle (…) il cessera vraiment d’être libre et indépendant, le jour où il prendra l’argent de la corruption ». «

Nous avons un peuple admirable, capable d’accepter tous les sacrifices pourvu que ceux-ci soient équitablement répartis. Ce qui pourra le décourager, le démobiliser, le révolter, c’est l’injustice. Faites donc en sorte que tous ceux qui sortent de nos Palais de justice, après une sentence, disent : justice a été rendue ».

Et alors pourquoi en ce moment, cette volte-face à chaque fois que nos instances judiciaires de recours constitutionnels sont sollicitées ? Tenez-vous bien, Mohamed Sangoulé Dagnoko a répondu à cette question en ces termes : « Consultée une première fois sur le report des élections législatives, la Cour Constitutionnelle n’est pas passée par quatre chemins pour dire que cela n’était pas possible.

Mais, la voilà revenue une nouvelle fois pour dire que rien ne s’opposait à ce report.

Ainsi, les législatives sont reportées jusqu’à la fin du premier semestre 2019. L’Assemblée Nationale a saisi la Cour Constitutionnelle pour demander son avis sur la prorogation de la Ve Législature jusqu’à la fin du premier semestre 2019.

La Cour Constitutionnelle et sa Présidente, Mme Manassa Dagnoko qui avaient dit dans un premier temps que le report n’était pas prévu par la loi, ont fini par donner un avis favorable cette fois-ci.

Aussi, les élections législatives ne pouvant pas être reportées par un premier avis, viennent de l’être une seconde fois, et, ce, jusqu’au mois de juin 2019. Une première dans la vie démocratique de notre pays. Pour justifier ce report, la Cour Constitutionnelle a fait appel à la jurisprudence de la Cour (Arrêt n°00-120 du 27 juillet 2000 ; arrêt n°06-173 du 15 septembre 2006) qui précisait que ce vide juridique ne saurait bloquer le fonctionnement des Institutions de la République.

L’on se demande à tord ou à raison si les neuf « sages » de la Cour Constitutionnelle, au moment de rejeter la première demande, n’avaient pas pris connaissance de ces arrêts qui, pourtant, datent de 2000 et 2006. Ce retournement de toges de la part de nos neuf « Sages » en l’espace d’une semaine laisse songeur et remet au goût du jour les nombreux griefs formulés contre cette Cour par l’opposition qui on se souvient avait demandé haut et fort la récusation de Mme Manassa Dagnoko à l’issue de la proclamation définitive des résultats de la dernière élection présidentielle.

Cette volte-face n’est pas non plus sans rappeler les nombreuses candidatures qui avaient été rejetées lors de la présidentielle avant d’être acceptées sans aucune explication constitutionnellement valable. A la Cour Constitutionnelle, les premières décisions ne sont jamais les bonnes. En tout cas, sous Manassa Dagnoko ».Voilà que le Mali n’est pas encore sauvé en terme de recours constitutionnels ! Nos dirigeants ont-ils perdu leurs âmes ?

La Rédaction

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