Détérioration de la situation sécuritaire dans le pays dogon, bombardements des camps de Danna Ambassagou, vols de bétail… : Bandiagara dénonce et réclame …

Les jeunes de Bandiagara,  à l’appel du Mouvement patriotique pour la paix au pays dogon (MPPP-D), ont marché le lundi 09 septembre 2019 du grand rondpoint à la préfecture. Objectif : dénoncer les  arrestations « arbitraires »  des combattants du mouvement d’autodéfense Danna Ambassagou, les attaques insensées des forces de sécurité contre le peuple dogon, le démantèlement du complot contre le peuple dogon,  le départ de  la MINUSMA du Pays Dogon et la démission du premier ministre.

La population de Bandiagara a dit non à la politique de gestion de la crise du Pays dogon par l’État. Elle dit non au bombardement des campements des combattants de Danna Ambassagou ; non aux attaques contre « le peuple dogon ». Elle a exprimé sa colère à travers une marche pacifique  le lundi dernier.

Du  grand rondpoint  à la préfecture de Bandiagara,  les jeunes manifestants brandissaient les banderoles et pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Le collectif des Associations du pays dogon demande à l’État de clarifier sa position par rapport à la sécurisation du pays dogon » ; « Nous disons : arrêt total des bombardements des camps de Danna Ambassagou par les Famas. Nous réclamons le départ des forces étrangères » ; « Les maires et les honorables députés du cercle de Bandiagara soutiennent la jeunesse de Bandiagara  pour réclamer plus de sécurité dans le cercle de Bandiagara et au pays dogon » ; « La jeunesse de Bandiagara dit non à l’insécurité ; non à la mauvaise gestion de la crise par le gouvernement ; non à la stigmatisation , oui à la transparence de l’Etat et de la communauté internationale » ; « stop aux attaques insensées contre le peuple dogon ». Pour ces jeunes marcheurs, l’État malien n’est pas clean dans la gestion de la crise.

Dans la déclaration lue par Baba Napo devant la préfecture de Bandiagara, la jeunesse a exprimé sa  déception par rapport à ce qui se passe au plan sécuritaire.  Elle déplore  la détérioration de la situation  dans le pays dogon après tous les efforts allant dans le sens de l’apaisement de la réconciliation et de la cohésion sociale. Le bilan de ces attaques est lourd, selon la jeunesse de Bandiagara. Selon Baba Napo, le  2 septembre dernier, 2  hommes  ont tués et 2 autres  blessés à Mantéou dans le cercle de Koro. Ce n’est pas tout, le 4 septembre dernier, précise l’orateur,  209 caprins,  11 chameaux enlevés  ont été enlevés à  Gomso barouwa dans le même cercle  Koro.

Quant au cercle de Douentza, le désastre est encore là. « Un  bus a sauté   sur une mine et a tué  13 personnes, tous des passagers. Un  autre car de la compagnie Sonef détourné de son trajet pour descendre et enlever 20 militaires maliens », lit-on dans la déclaration des jeunes manifestants de Bandiagara.

À Bankass et à Bandiagara, ce sont des villages qui ont, à leurs dires, été détruits. Doundioulou est cité en  exemple. Aussi, les manifestants déplorent les bombardements des camps de Bandiougou,  walia et wadouba de Danna Ambassagou par les Famas.

Les marcheurs dénoncent et réclament

Dans leur déclaration, les marcheurs dénoncent les attaques contre les populations civiles et « l’inactivisme »  de l’armée face à ces attaques. Ils réclament l’arrêt des bombardements des camps de Danna Ambassagou, le retour sans délai et en toute sécurité de toutes les  populations déplacées, le départ des forces étrangères du pays dogon et la démission du premier ministre, Dr Boubou Cissé.

Selon des sources sûres, une marche semblable sera organisée à Banakass dans les jours qui suivront.

Boureima Guindo

Source : Le Pays

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