Désobéissance civile : le point de non-retour ?

Des axes bloqués, l’Assemblée nationale pillée et des services publics occupés. Tel est le bilan de la première journée de désobéissance civile, entrée en vigueur ce vendredi, et ce jusqu’au départ du pouvoir d’IBK. En attendant le dénouement de cette crise majeure, le peuple est prié de ramasser les pots cassés, car entre le président de la République et ceux qui le contestent, c’est bien plus qu’un dialogue de sourds.

Le rassemblement du 10 juillet a mobilisé du monde. Les manifestants étaient plus nombreux que lors des deux premières sorties, à en croire des observateurs en raison du fait que beaucoup étaient sur des artères qu’ils ont occupées et n’étaient donc pas présents à
la place de l’Indépendance.
La désobéissance civile lancée par le M5-RFP le 10 juillet au monument de l’Indépendance et annoncée sans violence a finalement dégénéré par endroits, foulant aux pieds les consignes des leaders du mouvement maintes fois exprimées.

Les manifestants ont occupé les principaux ponts reliant la rive droite et la rive gauche simultanément. Les protestataires ont riposté par des cailloux au gaz lacrymogènes des forces de sécurité mobilisées pour parer au pire. Les manifestants ayant occupé l’ORTM l’ont fait avec la plus grande discipline. N’eut été le gaz utilisé par les forces de sécurité les occupants mains nues n’allaient commettre le moindre dégât.
Les agissements de la police ont aiguisé la colère des manifestants et les ont davantage poussés à la révolte. Les manifestants ont mis partout des barricades empêchant tout mouvement de véhicules et de motos dans la capitale. Ils ont incendié des pneus, détruit des feux de signalisations par endroits.
Ils ont mis l’Assemblée nationale à sac, ils ont cassé les vitres et volé du matériel. Acte indigne pour des manifestants

qui critiquent la mauvaise gouvernance et la gabegie qui ont pris racines dans notre pays. Ces énergumènes qui n’ont pas respecté les mots d’ordre des figures de proue du mouvement et les ont discrédités.
L’Assemblée nationale épicentre du mouvement de révolte ne pouvait nullement être épargnée par la bourrasque.
Déjà la veille les jeunes de la Commune II, révoltés, étaient à la porte du Parlement avec des slogans hostiles à l’élu Karim Kéita dont les images de l’escapade en Espagne étaient sur une banderole destinée à ceux qui ne pouvaient voir cette image qui a fait le tour du monde.
Les Maliens ne connaissent pas la désobéissance civile encore moins les conséquences y liées. Ce qui est arrivé est regrettable pour notre pays.
Le président de la République doit renoncer aux arrestations en cours et trouver une solution à cette crise. Il est le seul et l’unique pour trouver une solution de sortie de crise. Il faut calmer et encore calmer.
Le Recotrade devrait jouer son rôle « d’aiguille » entre Maliens. Avec cette organisation qui, grâce à la Francophonie a été mise sur les fonts baptismaux à Ouagadougou pour servir de ciment entre les communautés africaines. Elle ne devrait pas seulement faire l’apologie des gouvernants mais leur dire toute la vérité quand la nation brûle.

Il y a des ressorts sur lesquels il faudrait s’appuyer pour mettre les gens autour de la même table quand la famille est en feu et cela les communicateurs ont l’art mais malheureusement ils ne se sont pas impliqués et ils n’ont pas été conviés.z

Source : Notre Printemps

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