COVID-19 : 3,5 millions de personnes en insécurité alimentaire

Les acteurs humanitaires n’ont mobilisé que 16% des fonds recherchés à travers le Plan de Réponse Humanitaire alors que les besoins humanitaires s’accroissent. Le nombre de personnes en insécurité alimentaire a atteint son niveau le plus élevé depuis 2016. Le Gouvernement a annoncé une urgence alimentaire et nutritionnelle le 7 Avril. Les mouvements de population restent dynamiques et complexes. C’est ce qui ressort du dernier rapport du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations-Unies (OCHA).

Selon ce rapport se basant sur les premières tendances brutes remontées par les acteurs opérationnels sur le terrain, il est à craindre que la pandémie de COVID-19 affaiblisse davantage les ménages les plus vulnérables, affecte leur protection, limite l’accès aux services sociaux de base et aggrave la prévalence de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition.

Les partenaires humanitaires continuent de soutenir les actions de prévention et de riposte dans le respect des mesures barrières. Les distributions d’aide humanitaire s’étendent maintenant sur une durée plus longue car elles se font en petits groupes en tenant compte de l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes. Le Mécanisme de Réponse Rapide (RRM), par exemple, très actif dans les opérations humanitaires au Mali, a renforcé les procédures opérationnelles en développant un guide pratique de conduite des activités dans l’environnement avec risque de propagation du COVID-19 (inspiré principalement des orientations IASC, OMS, GFSC).

Le Gouvernement a élaboré un plan d’actions de prévention et de réponse allant du mois d’Avril au mois de Décembre 2020. Ce plan d’action nécessite un budget de 34 milliards de FCFA (55,9 millions de dollars américains) et s’est engagé à investir 6,3 milliards de FCFA (environ 10,3 millions de dollars américains) pour faire face aux besoins prioritaires.

Le 6 Avril, le Système des Nations-Unies a signé avec le Ministère de la santé et des affaires sociales trois protocoles d’accord qui permettront une réponse intégrée et rapide à la pandémie de COVID-19. D’un montant de près de 1,6 milliard de FCFA (2,7 millions de dollars américains) financé par le MINUSMA, ces protocoles prévoient l’acquisition rapide d’équipements et matériels médicaux spécialisés ainsi que la formation du personnel de santé sur les mesures de prévention et d’atténuation de l’impact du COVID-19. En outre, les agences, fonds et programmes des Nations-Unies apporteront un soutien à plusieurs secteurs pour un montant de plus de 2 milliards de franc CFA (3,4 millions de dollars américains).

Les ressources disponibles sont insuffisantes pour relever les énormes défis liés au manque de moyens pour le suivi des contacts, la prise en charge des cas à domicile, la prise en charge psychosociale, le déploiement de laboratoires mobiles dans les régions et la formation des partenaires. Il y a un manque de matériels, d’équipements de protection, de kits et d’équipements de prise en charge du COVID-19, de capacités de tests etc.

Le Mali a reçu d’autres soutiens financiers notamment un appui de la Banque Mondiale de 25,8 millions de dollars de l’Association Internationale de Développement (IDA) dont la moitié en don et l’autre moitié en crédit pour aider le Mali à faire face à la pandémie de COVID-19 et un allègement de la dette par le Fonds Monétaire International pour une période de six mois.

 Cette année, les partenaires humanitaires ciblent 3,6 millions de personnes à travers le Plan de Réponse Humanitaire 2020-2022 contre 2,3 millions de personnes en 2019 à la même période. Le budget requis pour 2020 s’élève à 390 millions de dollars américains. Pour rappel, la population ayant besoin d’assistance humanitaire dans le pays est estimée à 4,3 millions selon l’aperçu des besoins humanitaires. Cette année marque le début d’un nouveau cycle de programmation humanitaire pluriannuelle couvrant la période 2020-2022.

 Le rapport d’OCHA-Mali rapporte qu’environ et nutritionnelle, dont 757 000 en situation d’insécurité alimentaire sévère selon les résultats du cadre harmonisé de Mars 2020. La même analyse projette qu’en période de soudure (Juin-Août 2020), près de 5 millions de personnes seront en insécurité alimentaire, dont 1,3 million de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère. Ces chiffres sont supérieurs à ceux enregistrés à la même période dans le pays au cours des cinq dernières années cf. graphique. Si rien n’est fait en termes d’assistance dans l’immédiat, cette situation pourrait s’aggraver dans le contexte actuel marqué par la propagation du COVID-19.

Paul Y. N’GUESSAN

Source: Bamakonews

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