Combat contre Boko Haram dans les îles du Lac Tchad : Controverse entre Idriss Deby et l’Occident

La descente du président tchadien Idriss Deby sur le front de la bataille contre la secte Boko Haram dans les îles du Lac Tchad  ne fait pas l’unanimité. D’où un bras de fer entre Idriss Deby et l’Occident.

En effet, selon certaines indiscrétions, la “libération provisoire” de l’ex dictateur tchadien Hissène Habré, pire ennemi de son successeur, au moment où le Tchad a mis en déroute la secte djihadiste est tout sauf une coïncidence : Hissène Habré n’est pas libéré pour des raisons sanitaires liées au coronavirus, mais plutôt dans un contexte de bras de fer où l’Occident voudrait à tout prix affirmer son pouvoir sur la sous-région. En libérant Hissène Habré, l’Occident à travers le Sénégal voudrait rappeler au président tchadien que sa descente sur le théâtre de la guerre n’est pas la bienvenue. Bien que cette libération est dite provisoire, le message est clair, le terrorisme est une affaire géopolitique lucrative et l’Occident n’hésitera pas à bouger tous les pions nécessaires, même s’il arriverait d’écarter Idriss Deby du pouvoir.

Depuis le lancement de l’opération militaire dite “Colère de Bohoma” le 29 mars dernier après une attaque de Boko Haram qui a emporté une centaine de soldats tchadiens, rares sont les médias européens et français qui ont relayé les victoires consécutives de l’armée tchadienne, voire au-delà de son territoire. Pire, le Tchad n’a reçu aucun message officiel de condoléances de la part des hautes autorités de son ancienne puissance colonisatrice et alliée dans la lutte anti-terroriste, la toute puissante France. Silence radio, l’Élysée a non plus félicité l’armée tchadienne dans sa riposte triomphale contre Boko Haram. Pourtant, le Tchad n’est pas un territoire inconnu à la France. Ses ministres des armées et affaires étrangères y séjournent régulièrement dans le cadre de l’opération anti-terroriste, Barkhane.

En descendant lui-même sur le terrain afin de débarrasser le Tchad de la secte Boko Haram, Idriss Deby a involontairement mis mal à l’aise les puissances occidentales, qui malgré leur nombreux moyens techniques et militaires sophistiqués n’ont pas pu le faire, et en dépit de leur présence robuste sur le terrain à travers des bases militaires dans quasiment tous les pays de l’Afrique subsaharienne. Autrement dit, Idriss Deby, a démontré que le G5 Sahel, les opérations Barkhane et Épervier ne servent à rien.

“Seul”, disait-il, l’armée tchadienne a nettoyé les îles du Lac Tchad et continue son offensive contre le terrorisme au Niger et Nigeria. Alors que cette victoire préserve l’intégralité territoriale du Tchad et de ses pays voisins, de l’autre côté de la Méditerranéenne, la riposte dérange certaines politiques qui par tous les moyens voudraient marquer leur opposition et maintenir éternellement l’Afrique dans une servitude quelconque.

Arouna Traoré

Le Nouveau Réveil

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