CMDT : un excellent manager s’en va !

Nommé en conseil des ministres le 23 décembre 2015, le Président directeur général de la CMDT, Modibo Koné, a été relevé de ses fonctions, à l’issue du dernier conseil des ministres. Cette décision brise la nouvelle dynamique enclenchée par le très rigoureux Modibo Koné, qui en un temps record, a fait un bilan éloquent à la tête de cette structure et a mis la CMDT sur la voie de l’industrialisation. Modibo Koné va être remplacé par l’ancien ministre de l’Agriculture, Pr Baba Berthé, principal artisan de la Loi d’orientation agricole du Mali.

« Je profite pour vous donner au revoir. Comme vous avez si bien appris, je quitte la CMDT pour retourner à la BOAD d’où j’étais parti pour venir en détachement à la CMDT. Je vais suivre ce projet de très près. Parce que nous avons une direction de la finance climat à la BOAD pour vous aider à avoir tous les financements possibles. Nous sommes ensemble. Le Mali sera ce que nous voulons en faire. Mais, faisons en sorte que nous soyons encore unis pour développer ce pays. » C’est sur ce ton émouvant que le désormais ex-Pdg de la CMDT a donné au revoir à ses collègues. C’était à la faveur de la clôture de l’atelier de finalisation du plan d’action de la feuille de route de la nouvelle direction de l’environnement de la CMDT. La nouvelle du limogeage de Modibo Koné, un manager hors-pair, apprécié de tout le personnel de la CMDT, a surpris.

L’homme s’était engagé dans une dynamique d’insuffler une âme nouvelle à cette société dont l’Etat du Mali est actionnaire majoritaire. Et ce, conformément à la vision du Chef de l’Etat à savoir : l’augmentation de la production et la transformation industrielle du coton sur place. Pour l’instant on ignore  les raisons de ce limogeage, qui ne pourrait se justifier que par une décision politique ou un conflit d’intérêt.  En tout cas le banquier reste serein et confiant pour l’avenir de notre pays. Il quitte en laissant une excellente image de lui à la CMDT.

Nous vous livrons quelques réalisations de l’équipe de Modibo Koné du 11 janvier au 12 octobre 2016 ; date à laquelle la décision de son remplacement a été rendu publique.

Augmentation de la production cotonnière au Mali  

Les superficies emblavées cette année ont augmenté de plus de 27 %. Avec un management exceptionnel de Koné tous les paysans ont tenu leur promesse de production de la campagne en cours.

Cette situation a amené la CMDT à environ 695.000 hectares emblavés en coton, avec des perspectives attendues  allant de 700.000, à 750.000 tonnes.

En ce qui concerne le volet égrenage, Modibo Koné était au four et au moulin.

 

Avec une production record, la direction de la compagnie s’est dit qu’il fallait renforcer l’outil d’égrenage. Le PDG sortant  a trouvé sur place un chantier qui concerne Kadiolo, Kimparana et aussi le renouvellement de trois anciennes usines notamment Koumantou, Sikasso I et puis Bougouni. Il a fallu négocier avec GEO coton, pour le financement.  La direction sous l’égide de son PDG s’est mise rapidement à la recherche de financement. Banquier de son état le PDG n’a pas voulu financer ça sur fonds propres parce que ça allait être lourd pour leur exploitation. Le directoire de la CMDT a fait en sorte que la Banque Ouest Africaine de Développement puisse venir en aide avec 15 milliards et le pool bancaire avec 20 milliards. Ces financements sont acquis et l’usine de Kadiolo est sortie de ses cendres et les travaux continuent.

Pour Kimparana, la CMDT avait décidé de lancer ce mois-ci les travaux sous la haute autorité du chef de l’Etat. Les équipements de modernisations des anciennes usines sont commandés. Ils seront installés après cette campagne d’égrenage. Au-delà de ces usines d’égrenage, le PDG sortant a essayé de voir autour de certaines zones de production pour amener des usines de proximité. C’est ainsi qu’il a été demandé à Beleco d’augmenter sa production pour avoir une usine d’égrenage qui va aussi aider la ville pour l’éclairage public.

Modibo Koné avait prévu de faire une usine à Kolondiéba. Les premiers équipements sont en train de parvenir sur le terrain.

Après  Kolondiéba, la direction de la CMDT a eu des requêtes pour de nouvelles usines à Yorosso, Bla et le transfèrement de l’usine de Bamako sur Kati. Modibo voulait faire ce projet avec les trois usines grâce au financement des Chinois qui concerne la construction de 03 usines d’égrenages et deux Filatures.

Réalisation du  plan stratégique des 800.000 tonnes en 2017-2018

L’ambition du directoire était d’avoir une capacité d’égrenage équivalente pour faire  toute cette activité avec ces nouvelles usines de proximité.  Compte tenu de la qualité de la fibre malienne, les responsables de la CMDT se sont dit que, comme la partie égrenage était comblée avec tous les financements utiles et les investissements à rechercher, il faut aller à l’autre objectif de la prise de fonction du PDG Modibo Koné : la transformation.

Transformation locale du coton malien en projet…

Le Mali transforme moins de 2% de notre fibre. Il fallait aller à une transformation pour créer beaucoup d’emplois. C’est ainsi que la direction de la CMDT a négocié avec le groupe China African Cotton de la Chine le projet de deux filatures, financées par des Chinois, en partenariat avec la CMDT pour faire une entreprise nationale au Mali en vue de faire cette activité de transformation. Ce projet est très  bien avancé. Il se fera sans son concepteur.

La CMDT attend incessamment une mission d’EXIM BANK DE CHINE. Toute la documentation utile à la partie chinoise, a semble-t-il été fournie. Aujourd’hui, il reste quelques dossiers au niveau du Ministère des Industries. Il s’agit du contrat de performance et l’acte de cession du domaine de l’aéroport afin que la Compagnie puisse boucler toutes les demandes faites par la partie chinoise. Les dirigeants s’attelaient à tout faire pour être dans les financements de la Chine prévus pour novembre pour la phase de la transformation.

CULTURE IRRIGUEE : 100.000 hectares de plus pour le coton-bio

En termes de maintien de sa production, les responsables de la CMDT avec à leur tête leur PDG, avaient commencé à réfléchir sur la cotonculture irriguée. La CMDT HOLDING s’apprêtait à signer avec l’Office du Niger un partenariat pour la mise à disposition de la CMDT d’une superficie de 100.000 hectares et une prévision d’à peu près 10% pour les exploitations familiales. Le reste devrait aller dans l’agro-business. L’objectif visé par le patron de la CMDT était de faire en sorte que les grandes compagnies puissent s’installer pour faire de la culture de coton, égrener et transformer au niveau du Mali pour créer environ  5000 voire 15 000 emplois, si on adjoint les usines d’égrenage et de transformation.  Avec cette cotonculture, la CMDT ambitionnait de faire revivre autour de  ces différentes localités de l’Office du Niger, une croissance qui ne dit pas son nom. Associer le coton et le riz dans un même secteur peut aider les populations à avoir de l’emploi et un gagne-pain continu pendant un bon moment.

Sous son leadership, Modibo avait aussi procédé à la reprise de FITINA. Une étude a été faite par un consultant pour dire les avantages que la CMDT peut tirer de cette entreprise avec à l’entrée 3000 à 4000 emplois. L’étude est terminée. La direction attend l’expertise technique des machines de FITINA afin que la CMDT, comme chef de file, puisse ouvrir le capital à des opérateurs économiques. Voici un autre chantier sur lequel se battait Modibo Koné pour la reprise effective de FITINA.

Pistes rurales pour l’évacuation du coton

Pour la réalisation de pistes qui est très importante, la CMDT a eu  des contacts avec l’Agence Française de Développement qui a même évalué le projet pour mettre à la disposition de la structure à peu près 30 millions d’euros pour la réhabilitation des pistes cotonnières. Cette question n’attend que l’approbation de la lettre de politique du secteur par le Gouvernement. Tous les dossiers  avaient été remis au ministre de l’Agriculture qui devait faire cette présentation. Bientôt six mois, la direction de la compagnie attend cette lettre de politique qui la bloque dans l’obtention de ce financement de l’AFD.

L’AFD est partante pour mettre à la disposition de la CMDT à peu près 32 millions d’euro pour le renouvellement du parc du transport qui est lié à l’augmentation de la production. Ce financement, selon nos investigations, attend aussi l’accord du Ministère des Finances pour envoyer une requête d’acceptation de financement de ce projet.  La CMDT attend toujours la confirmation du ministre des Finances pour que l’AFD puisse le présenter à son Conseil d’administration.

Depuis  bientôt six mois, la CMDT est en train de courir derrière ces différents Ministères afin de pouvoir débloquer ces dossiers et participer au développement autour de ces zones de production.  Lorsque la lettre de politique va être approuvée par le gouvernement et que le ministre de l’Economie et des Finances mettra cette requête formelle à la disposition de l’AFD, la CMDT aura des ressources très importantes pour commencer à renouveler le parc transport, mais aussi les pistes cotonnières qui sont aussi très importantes pour la vie au niveau des localités qui sont concernées par les projets.

Protection de l’environnement

C’est sous le PDG sortant qu’il a été créé une  Direction de l’Environnement et du Développement Durable qui va permettre de relier toutes les activités en termes de fournitures d’intrants et d’insecticides pour contrôler ces éléments nocifs qui sont en train d’être utilisés par les populations en vue  d’essayer d’apaiser la teneur. C’est aussi de faire en sorte que les produits de mauvaise qualité ne puissent atterrir dans les zones CMDT. Une première dans une zone cotonnière en Afrique. Pour cette initiative, la CMDT a été saluée par certaines institutions telles que BNP Genève, l’Agence Française de Développement et d’autres institutions qui s’occupent des questions environnementales.  Cette direction créée devra avoir ses ramifications au niveau de toutes les filiales pour faire en sorte que la structure puisse contrôler tout ce qui est effet nocif des produits chimiques, des intrants sur les sols. Le seul souci des travailleurs de la CMDT, est de faire en sorte que l’impact environnemental et social qu’elle demande dans le cadre de la productivité des actions puisse s’asseoir sur des bases réelles de protection des personnes et des biens autour de l’environnement naturel que nous tous vivons.

Une première depuis la création de la CMDT. C’est compte tenu de l’importance de l’environnement dans notre vie de tous les jours que la direction a jugé nécessaire qu’il faille  aller dans ce sens pour faire en sorte que les questions environnementales soient posées au premier rang de leurs activités.

Aliou Badara Diarra

Source: L’Enquêteur

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