Cité universitaire de Badalabougou : Un nouvel « Azawad » au nom de l’AEEM

L’AEEM fait arrêter les chantiers des constructions illégales en organisant, le mardi 26 février 2019, une descente sur les chantiers afin d’arrêter les travaux. 

Selon les Responsables des étudiants : «Il n’y a plus d’espace sur la colline pour l’Université ». Les rongeurs fonciers ont déjà tout envahi. Face à cette situation qui menace l’avenir du domaine universitaire, l’AEEM vient de rompre le silence.   Ce domaine, longtemps resté à l’abri des prédateurs, est aujourd’hui assailli. Pour mettre fin à cette agression, le Bureau national de la coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) a fait un tour sur le site pour stopper net les chantiers en construction. «Cette manifestation a été décidée après plusieurs semaines d’alerte à l’adresse des autorités pour faire cesser ces constructions anarchiques », a déclaré le Secrétaire Général du Bureau Niangaly. Au moment de passage de l’AEEM, plusieurs travailleurs étaient sur les chantiers. Ils ont été sommés de faire arrêter les travaux et de libérer les lieux. Cette attitude du Bureau de l’AEEM réconforte l’idée selon laquelle le syndicat des élèves et étudiants est toujours prêt à se rendre justice et souvent par la violence. Ces dernières années, les alertes se sont intensifiées face à cette hausse préoccupante des violences dans l’espace universitaire, sans que le Gouvernement ne parvienne à y apporter une réponse. C’est une poignée de personnes réunies et agissant comme bon leur semble au nom de l’AEEM, qui se rend coupable de tels actes de violence. Pour nombreux Maliens, il ne fait aucun doute que cet accroissement de la violence dans les écoles et universités, en plus d’être une préoccupation majeure de la société, est devenu un problème de sécurité. Donc, d’actualité qui résulte de la crise que traverse l’école malienne depuis des décennies. La situation historique qui a permis à l’AEEM de jouer le rôle historique qui a été le sien en mars 1991 était une période particulière qui ne peut demeurer permanente. La violence s’est, donc, peu à peu installée à l’école à tel point qu’elle est devenue une arme de revendication, de pression et de règlement de vieux comptes. Toute chose qui jette le discrédit tant sur l’AEEM que sur le pouvoir, accusé d’instrumentaliser l’école à de fins politico-politiciennes. Si la dissolution paraît être une solution trop radicale, plusieurs pistes peuvent être explorées.

Mahamadou YATTARA : LECOMBAT

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