BAISSE DE TENSIONS SOCIOPOLITIQUES DANS LE PAYS : LE HAUT CONSEIL ISLAMIQUE AUSSI DANS LA DISCORDANCE ?

Ousmane Madani Cherif Haidara guide spirituel precheur ansar dine islamique

Dans la résolution de la crise politique, le rôle joué par le Haut conseil islamique du Mali semble être confus, à la limite incompréhensible. Si l’organe représentatif des religieux était sollicité pour son effort et son implication dans la gestion du conflit post électoral par les candidats spoliés, c’est parce que la Face sombre de l’organe était dissimulée.

Peut-on ainsi parler du jet de discrédit sur le haut conseil islamique du Mali pour le reste de la gestion de cette crise ? La question mérite d’être posée, car l’organe religieux a, sous les yeux de certains candidats « spoliés » par la cour constitutionnelle, perdu toute son estime. Parmi ces candidats qui clament leur victoire depuis le lendemain de la publication de l’arrêt infernal de la cour constitutionnelle en date du 30 avril 2020, certains ne cachent plus leur déception pour le reste de cette affaire. Cette frustration s’explique par la discordance dans la démarche de l’organe dirigé par Ousmane Chérif Madani Haidara pour la décrispation de cette crise.

La démarche de l’organe a été établie suite à une rencontre tenue à Koulouba entre Ibrahim Boubacar Keita, les membres du haut conseil, en présence des candidats « spoliés ». La tenue de cette rencontre a été une erreur pour cet organe. Puisque, ç’a permis aux candidats participants de découvrir la face sombre de la structure à laquelle ils s’étaient confiés. L’exemple frappant demeure la vidéo publiée sur la page de Koutiala Observateur infos par Baba Nadio, candidat de la commune V du district de Bamako. Via la vidéo, ce dernier explique ce qui s’est passé au cours de leur rencontre avec le président de la République : « On est revenu de cette rencontre avec déception. J’étais parti pour être rétabli dans mon droit, cela n’a pas été fait. Au cours de notre échange, IBK a clairement dit que le Haut conseil islamique a fait un communiqué pour dire que la cour constitutionnelle a dit le droit de son arrêt du 30 avril. IBK l’a dit quand les membres du haut conseil et nous (candidats spoliés) étions tous présents dans la salle ». Baba Nadio se dit étonné que cette information du président de la République n’ait été démentie par personne parmi les membres de la délégation conduite par Ousmane Chérif Madani Haidara.

Ce qui l’amène à dire que personne n’a expliqué la situation des candidats spoliés au président de la République qui reste sûr que la cour de Manassa a bien fait son travail. De leur rencontre avec IBK, le candidat dit retenir qu’une seule chose : pour faciliter les choses, IBK propose de choisir les membres du sénat parmi les députés spoliés. Pour être clair, Baba Nadio maintient qu’il préfère se soumettre aux voies de sa population que d’accepter cette proposition du président de la République. L’analyse de cette situation importe certaines questions : les propos du président de la République sont-ils authentiques ? Pourquoi les membres du haut conseil n’ont-ils pas démenti l’allégation du président IBK ? Après avoir donné raison à la cour constitutionnelle par un communiqué, pourquoi le Haut conseil cherchait à défendre les mêmes candidats spoliés ? Cherchait-il à défendre son intérêt personnel au détriment de ces candidats ? En tout cas, l’information donnée par Baba Nadio clarifie que le Haut conseil avait autre agenda que la défense de la cause des candidats victimes de l’arrêt de la cour. De ce fait, la discordance reste patente dans les démarches du Haut conseil islamique.

Mamadou Diarra

Source: Journal le Pays-Mali

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