Atmosphère de fête à Bamako : entre Covid-19 et difficultés financières, l’Aïd El Fitr perd son engouement

La lune n’a pas encore été aperçue, mais nombreux sont ceux qui sont convaincus que « c’est demain la fête de Ramadan ». L’effervescence est perceptible dans la ville de Bamako, mais beaucoup de citoyens évoquent des difficultés financières, et un contexte sanitaire difficile marqué par la maladie à Coronavivus. Les autorités policières annoncent plusieurs dispositions, dont « la multiplication des patrouilles et la présence des forces de sécurité devant les mosquées ».

La circulation est très dense ce vendredi 22 mai à Bamako. Les marchés sont bondés du monde, et difficile de se frayer un chemin. Les ateliers de couture sont bien animés. Dans les marchés à bétail, les clients marchandent avec les vendeurs.
L’affluence est très grande au niveau des banques où certains s’impatientent déjà. Sékouba Keïta, est client, il est pressé de toucher son dû afin de couvrir les dépenses de sa famille. « Vraiment, il y a beaucoup des difficultés ici. Je suis venu depuis 7heures, la banque n’a ouvert que vers 9heurs moins. Si on n’a pas reçu notre argent, on ne pourra pas s’acquitter de notre devoir envers la famille », explique Sékouba, un client à la banque.

Dans certains services, beaucoup de bureaux sont fermés. L’heure est à l’abatage des bœufs. C’est le cas de la Mairie de la commune IV du district de Bamako. «Il y a la tontine des bœufs qui se passe dans la cours. Des bœufs que la mairie nous a offerts. Beaucoup d’agents sont actifs autour de ça. Les femmes qui travaillent aux secrétariats sont toutes rentrées. Il n’a presque plus d’engouements à la mairie », nous explique, Issa Diarra, administrateur à la Mairie

Selon de nombreux chefs de familles, l’Aïd El Fitr sera célébrée cette année dans une certaine morosité due à la COVID 19 et les difficultés économiques.
« La COVID-19 a beaucoup joué sur les portefeuilles de chacun. Sinon d’habitude nous abattons beaucoup des bœufs. Mais cette année, à cause des difficultés financières, nous n’avons pas pu atteindre nos objectifs de l’année dernière », explique Abidina Karembé, chef de famille.
Les femmes quant à elles, accourent vers les marchés et les salons de coiffure.

Pour cette fête de Ramadan, la police annonce plusieurs dispositions. Elle va se déployer sur plusieurs sites, dont devant les mosquées. Aussi, selon ses responsables, des patrouilles seront organisées de jour comme de nuit pour « sécuriser les fidèles et assurer la fluidité de la circulation ». Les autorités policières invitent au respect des consignes et des gestes barrières pendant cette fête.

Source: studiotamani

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