Adieu la décharge de Lafiabougou

Pour le plus grand bonheur des riverains et même de l’ensemble de la population du quartier, le mont Everest d’ordures pestilentielles de Lafiabougou est définitivement aplati. On ne sait par quelle magie, mais à la place s’érige progressivement un chantier assez imposant pour dissuader les éboueurs d’en faire un dépôt transitoire. Combien de millions et par qui les autorités ont eu raison de la décharge, dont la résistance farouche allait incarner leur impuissance devant la grande question de l’assainissement ? On ne saurait le dire. On se rappelle en revanche qu’au début du quinquennat écoulée 800 millions environ avaient été engloutis dans le cadre d’un contrat entre Tougouna et l’Etat malien. Sans résultat car la montagne retrouvera aussitôt ses dimensions initiales quelques semaines après son évacuation, tout simplement parce que l’affluence des ordures en provenance des ménages venait combler chaque vide créé par les camion-bennes. L’autre question est de savoir par ailleurs l’emplacement du dépôt de transit alternatif. Il en faut pourtant bien car l’important volume d’ordures produits par le quartier et  toute la Commune ne saurait être directement destiné aux dépôts finaux.

La double peine des usagers du 3ème Pont

Le chantier des ouvrages connexes du 3ème Pont de Bamako continue de faire des vagues et autant de victimes depuis son ouverture soudaine et inattendue. Surpris par le déclenchement des travaux, les riverains continuent d’en faire les frais. Au prix de leur santé notamment puisqu’ils sont exposés sans ménagement à l’agressivité d’une poussière rouge épaisse qui s’élève quotidiennement au-dessus des demeures, pollue leur atmosphère avec des risques d’infectons pulmonaires certaines. Le maître d’œuvre – dont l’identité n’est  mentionnée nulle part – s’en soucie comme de la dernière de ses chemises s’il faut en juger par une  indifférence manifeste que traduit le faible rythme d’arrosage du remblais rouge déversé sur la voie. S’y ajoute, en sus, que le châtiment infligé aux usagers est accentué par une visibilité considérablement réduite même de jour et tout le long du trajet qui relie le pont à la RN4. Certains automobilistes ont même recours aux antibrouillards sous le soleil pour éviter d’éventuelles collisions qui risquent malheureusement de devenir le passif de la voie alors que ses actifs ne sont encore qu’hypothétiques.

Par Le Témoin
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