Accord UNTM-GOUVERNEMENT : Et ce fameux point en suspens ?

les syndicats maliens

Un accord entre l’Union nationale de travailleurs du Mali et le gouvernement de Soumeylou Boubèye Maiga est finalement intervenu en milieu de semaine, au bout d’un éprouvant bras-de-fer entre les protagonistes sur fond de perturbations de l’administration et de nombreux services publics.la confusion persiste toutefois sur un point qui apparaît peu dans les différentes déclarations officielles.

A écouter les conclusions des pourparlers, on peut dire que l’UNTM a été satisfaite à 100%. Et pourtant, l’accent est mis sur sur 11 seulement des 12 points du cahier de doléances de Yacouba Katilé et de ses hommes. Ce point, qui n’est pas mentionné dans les communications faites çà et là, porte sur la situation des travailleurs compressés.

Le cas qui aura fait le plus de bruit reste celui de Koulikoro, en l’occurrence l’HUICOMA. Une situation ayant jadis suscité la colère des populations contre la figure la plus en vue du Meguetan, en l’occurrence l’honorable Issiaka Sidibé, président de l’Assemblée Nationale.

Aux yeux de nombreuses familles de compressés – dont le plus grand lot provient de son bastion électoral -, sa posture politique n’aurait servi à rien. Et surtout pas à épingler Alou Tomota afin qu’il s’explique sur le fait de ne pas avoir saisi en son temps l’inspection du travail autour de la situation d’HUICOMA.

Des syndicalistes indiquent par ailleurs que sur la fiche de validation des revendications figure bel et bien la mention «OK» en ce qui concerne  ledit point litigieux. Sauf qu’il n’est pas de leur goût que sa mise en œuvre ne soit pas systématique et s’opère par étape.

Par-delà Huicoma, d’autres structures sont tout aussi concernées par le même phénomène des travailleurs oisifs depuis des mois voire des années. Y figure par exemple N-SUKALA, une usine sucrière basée à Ségou. L’année dernière, au demeurant, le ministre du Développement industriel et sa collègue du Travail et de la Fonction Publique avaient rencontré les administrateurs de la société, les ouvriers et les structures déconcentrées l’Etat à Ségou.

Lors de ladite rencontre, la Direction générale était pointée du doigt et taxée d’indifférence aux doléances des ouvriers et au mépris des interventions de l’Inspection du Travail et du Gouvernorat de Ségou.

Et parmi les motifs de la grogne des ouvriers figuraient les licenciements abusifs, les mauvaises conditions de travail, les salaires insignifiants ainsi que la prise en charge sanitaire. À ces doléances des travailleurs s’ajoutent les cas de décès dus à des accidents de travail, non pris en compte par la Direction générale de l’usine.

Même le droit syndical a été banni provoquant le limogeage en masse des syndicalistes de N-SUKALA.

La SOMIEX se trouve dans une situation similaire et est même incluse dans le dernier point de la liste des 12 revendications de l’UNTM. Le plan de dédommagement des travailleurs issus de ces 3 sociétés sera donc une condition sine qua non pour que l’UNTM et le gouvernement accordent définitivement leurs violons.

On attend de voir concrètement si la confiance et la bonne foi seront au rendez-vous pour l’application afin de ne pas s’attirer l’humeur de Yacouba Katilé qui a prouvé qu’il avait le profil indiqué pour en découdre !

Idrissa KEÏTA 

SourceLe Témoin

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