A propos d’ATT – IBK : entre les paroles et les actes…

Récemment, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, a reçu les membres de l’association « An ka ben », qui prône la réconciliation nationale. Lors de cette rencontre, IBK aurait déclaré à ses interlocuteurs : « je n’ai rien contre mon jeune frère ATT ».

Ces propos de l’actuel locataire du palais de Koulouba interviennent après l’hommage qu’il a rendu  à Amadou Toumani Touré lors du lancement  de la Journée paysanne à Baguinéda, au mois de mai dernier. Le  chef de l’Etat a notamment  dit clairement : « je suis reconnaissant à mon jeune frère Amadou Toumani Touré pour avoir instauré la journée du paysan au Mali. Beaucoup de choses se disent sur nos relations, mais je sais qu’il n’y a ni intrigue, ni méchanceté  entre nous. ATT, à très bientôt ! ».

En un éclair, cette déclaration a fait le tour du  monde via les réseaux sociaux, les agences de presse, les journaux, la presse en ligne et les radios. Et avait été  saluée et surtout interprétée comme  les premières lueurs de la réconciliation nationale.

Cependant, de nombreux Maliens avaient accueilli ces propos avec une grande prudence. Parce que, IBK n’était  pas à sa première déclaration au sujet de son « jeune frère ATT ».

En trois ans d’exercice, IBK a, en effet, soufflé le chaud et le froid  en direction de l’ancien  président. Le froid? Ce  sont ces différents hommages à Mopti, Baguinéda et Bamako. Occasion pour IBK de toujours mettre l’accent sur ses relations, sans nuages, avec l’ancien président. A chaque fois, le chef de l’Etat a tenté de convaincre les Maliens sur le caractère normal de ses rapports avec ATT.

Cependant, il y a aussi le chaud ! Il se traduit par, entre autres, deux actes aux allures de règlements de comptes posés sous le même IBK et qui visent Amadou Toumani Touré. Des actes qui apportent la preuve qu’il existe bel et bien «  intrigue et méchanceté » entre les deux hommes.

Premièrement : depuis 2013  une plainte pour «  haute trahison » est introduite  contre Amadou Toumani Touré. Une commission d’enquêtes parlementaire a été mise en place qui a déposé son rapport depuis belle lurette sur le bureau de l’Assemblée nationale. Après moult reports de l’examen du dossier, l’institution parlementaire semble être dans une logique de rétention incompréhensible. Or, il s’avère que cette plainte cause véritablement un énorme préjudice (à l’intérieur et à l’extérieur) à l’ancien chef de l’Etat…Dès lors, IBK peut-il convaincre l’opinion qu’il n’a rien contre son jeune frère ?

Deuxièmement : la confiscation de la résidence d’Etat d’ATT sonne à la fois comme une vengeance et une décision qui soulève beaucoup d’interrogations. En effet, IBK peut-il convaincre les Maliens qu’il n’y a «ni intrigue ni méchanceté… » derrière cette mesure (sanction) ? Comment IBK a-t-il pu accepter cette décision qui fait couler beaucoup d’encre et de salive ? Pourquoi cet acharnement ?

Malgré les explications données dans l’émission « Baroni » du 3ème anniversaire de son accession au pouvoir, le chef de l’Etat aura du mal à démontrer aux Maliens sa bonne foi à propos de cette résidence (confisquée) et qui lui sert en fait de bureau secondaire et de lieu de repos.

Dès lors, il y a lieu d’émettre des doutes sur les déclarations occasionnelles du Président Ibrahim Boubacar Keita et ses véritables intentions à l’endroit de son « frère ».

Nous le disions en mai dernier, nul besoin de revenir sur les micmacs entrepris depuis 2012 pour salir ATT. Un acharnement incompréhensible et qui ne fait honneur ni au président IBK, ni au Mali.

C.H Sylla

Source: L’Aube

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