A défaut du non-redéploiement de certains Administrateurs civils relevés « abusivement » de leur fonction de Gouverneur et préfet : Le SYLTMAT et le SYNAC observeront une grève de 72 heures à partir du 11 février

Mécontents de la relève du gouverneur de Kayes, M’Baye Konaté, le Syndicat National des Travailleurs du Ministère de l’Administration Territoriale (SYLTMAT) et le Syndicat National des Administrateurs Civils (SYNAC) ont déposé le vendredi dernier un préavis de grève de 72 heures allant du 11 au 13 février. Ils réclament non seulement le maintien de ce dernier à ses fonctions, mais aussi le redéploiement de tous les Administrateurs civils relevés « abusivement » de leurs fonctions.

 

Le torchon brûle entre le gouvernement et les administrateurs civils depuis la relève du désormais ancien gouverneur de la région de Kayes, M’Baye Konaté. Son remplacement par un policier a fait encore révolter   les administrateurs civils qui crient à la militarisation de l’administration malienne. Le Syndicat National des Travailleurs du Ministère de l’Administration Territoriale (SYLTMAT) et le Syndicat National des Administrateurs Civils (SYNAC) n’ont pas tardé à se faire entendre par le dépôt d’un  préavis de grève de 72 heures.

Les points que réclament les  deux syndicats sont entre autres : le maintien en ses fonctions sans condition du gouverneur de Kayes « abusivement » relevé ; le redéploiement sans délai de tous les représentants de l’État  « abusivement » relevé de leurs fonctions, notamment messieurs Makan Sissoko, IssoufouThera, Adama Coulibaly, Fadjigui Théophile Coulibaly, KombaSamaké et autres ; la mise en œuvre effective des protocoles d’accord conclus entre le SYNAC, le SYLTAMAT , et le gouvernement en mai , juillet , et aout 2018 ;  l’abrogation du décret n°2015 -0067/P-RM du 13 février 2015 fixant les conditions de nomination et attributions des chefs de circonscription administrative au regard de l’entrée en vigueur du Statut du corps préfectoral ; l’octroi du quota de 98% aux Administrateurs civils pour la nomination aux fonctions de Gouverneur de région et du District ; le respect des textes pour la nomination des Préfets et Sous-préfets ; et enfin la prise en charge effective de la famille du Préfet Makan Doumbia  enlevé le 8 mai 2018 par les terroristes.

Pour le secrétaire général du SYNAC, Ousmane Christian Diarra que nous avons joint par téléphone  la relève du désormais gouverneur de la région de Kayes n’est qu’un abus. « Nous estimons que la relève du gouverneur de Kayes est un abus. On ne peut, objectivement, rien lui reprocher », accuse-t-il les autorités du Mali.

En ce qui concerne cet administrateur civil relevé « abusivement », les syndicalistes ne réclament qu’une seule chose : son maintien dans ses fonctions sans condition.

« Nous exigeons le redéploiement sans délai de tous les représentants de l’État abusivement  relevés, je dis bien abusivement relevés de leurs fonctions »,  a martelé le secrétaire général fraîchement élu du SYNAC.

Ousmane Christian Diarra se prononce aussi sur sa démission au poste du conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouvernorat de Kayes. Pour lui, sa démission a deux aspects. Le 1er aspect, à ses dires, c’est que son équipe s’est engagée à se battre pour que le poste de gouverneur revienne aux Administrateurs civils. Or, déplore-t-il, moins de 10 jours après, deux gouverneurs Administrateurs civils ont été relevés dont  le sien. « C’est de la provocation et c’est inadmissible », se plaint-il.

Le second aspect de sa démission est, selon lui, personnel. « C’est ma conviction personnelle. Je ne servirai jamais sous l’autorité d’un porteur d’uniforme, jamais je ne le ferai, quels que soient son grade et sa conviction », a-t-il conclu.

BoureimaGuindo

SourceLe Pays

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